Les Palestiniens ne pourront plus se rendre en pèlerinage en Arabie-Saoudite

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C’est une décision qui est tombée comme un couperet. Les un million et demi de Palestiniens citoyens israéliens vivant à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et en Jordanie ne pourront plus se rendre en Arabie-Saoudite avec un passeport temporaire jordanien pour effectuer le pèlerinage du Hajj, l’un des cinq piliers de l’islam.

Israël n’étant pas reconnue par la plupart des pays arabes, dont l’Arabie Saoudite, les citoyens Palestiniens d’Israël (qui possèdent un passeport iasrélien) et les réfugiés ne peuvent, théoriquement pas s’y rendre, même pour le Hajj (le pèlerinage à la Mecque) ou pour la Oumra.

En 1978, en concertation avec la Ligue Arabe, le roi Hussein de Jordanie a pallié ce problème en créant une carte de voyage. Elle permet aux Palestiniens de voyager librement dans les pays arabes et met fin à plus de trente ans d’interdiction d’entrée en terre sainte. En 2000, cette carte a été remplacée par un passeport, valide cinq ans. Alors que Ryad refuse désormais ce passeport, le ministère jordanien des Awqaf  (affaires religieuses) et des Affaires islamiques, qui délivre ces documents, déclare ne pas connaître les raisons de ce changement de statut pour ses documents.

Pourtant, ce rejet par les autorités saoudiennes des documents de voyages jordaniens suit de près celui qui a déjà été appliqué aux passeports temporaires libanais. Près de 180 000 réfugiés Palestiniens vivent au Liban d’après un recensement officiel mené en décembre 2017 par par le Comité de dialogue libano-palestinien, la Direction centrale libanaise des statistiques et le Bureau central palestinien de recensement et de statistique. Jusqu’en septembre 2018, ils pouvaient, comme leurs concitoyens vivant en Jordanie ou en territoires occupés, voyager avec des passeports temporaires délivrés par l’Etat Libanais.

Une décision préjudiciable aux musulmans mais surtout à l’identité palestinienne

C’est désormais terminé. Riyad refusera à l’avenir de d’apposer ses visas aux passeports temporaires libanais et jordaniens détenus par les réfugiés palestiniens. Au total, cette décision privera de pèlerinage près de trois millions de Palestiniens citoyens israéliens ou réfugiés, répartis entre le Liban, la Jordanie mais aussi Jérusalem-Est, la Cisjordanie et la bande de Gaza.

Mais, si cette décision est préjudiciable aux musulmans soucieux d’accomplir leur pèlerinage, elle l’est surtout pour l’identité palestinienne. En refusant ces passeports temporaires, le royaume wahhabite oblige les Palestiniens israéliens ou réfugiés voulant se rendre dans des pays arabes à obtenir un passeport permanent en Jordanie ou au Liban.

Pour les obtenir, une seule solution : la naturalisation. Définitive, elle annulerait, de facto, le droit au retour sur leurs terres des réfugiés palestiniens et règlerait, l’épineuse question du statut et de l’avenir des réfugiés Palestiniens vivant en Jordanie ou au Liban. Quant aux ressortissants Palestiniens israéliens en possession d’un passeport Israélien, ils peuvent continuer de voyager, sauf dans les seize pays le refusant, à savoir : l’Algérie, l’Arabie Saoudite, le Bangladesh, Brunei, les Emirats Arabes Unis, l’Irak, l’Iran, le Koweït, le Liban, la Libye, la Malaisie, Oman, le Pakistan, le Soudan, la Syrie et le Yémen.

Saada Soubane


 

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