Mondoexpress (22-28 octobre)

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C’est l’heure de faire le point sur l’actualité de la semaine au Moyen-Orient.

Algérie A 82 ans, Abdelaziz Bouteflika brigue un cinquième mandat 

Le président du pays, Abdelaziz Bouteflika au pouvoir depuis 1999, sera candidat à sa réélection en 2019. L’homme, affaiblit par un AVC survenu en 2013, sera alors âgé de 82 ans. L’annonce à été faite par Djamel Ould Abbes, homme fort du parti de Bouteflika, le FLN :  ” Cette candidature est une revendication de tous les cadres et partisans du FLN dans le pays” a-t-il déclaré auprès de l’agence de presse d’Etat, l’APS.  Depuis son attaque cérébrale,  Abdelaziz Bouteflika ne fait plus que de rares apparitions, toujours en fauteuil roulant et ne s’exprime plus publiquement.

Syrie – Sommet international inédit entre Ankara, Moscou, Berlin et Paris.

La France, l’Allemagne, la Russie et la Turquie se sont réunies à Istanbul autour de la table des négociations pour discuter du futur de la Syrie, ravagée depuis sept ans par une guerre qui a fait plus de 360 000 morts d’après l’OSDH (observatoire syrien des droits de l’hommes).

” Travailler ensemble pour créer les conditions propices à la paix et à la sécurité [en Syrie] ” était le but affiché du sommet d’après les propres mots de Recep Tayyip Erdogan. Les quatre belligérants ont publié un communiqué commun à l’issue du sommet. Il souligne les avancées des discussions quant au retrait des armes lourdes  mais précise surtout le calendrier de la création du comité consultatif, destiné à la transition politique post-guerre.

Les Nations-Unies souhaitent qu’il soit constitué de 50 membres choisis par le régime de Damas, 50 membres choisis par l’opposition et 50 membre nommés par l’ONU comprenant des experts et des membres issus de la société civile. Stafan de Mistura, émissaire de l’ONU pour la Syrie, a fait savoir que cette dernière liste a été refusée par Damas.

Enfin, le sort de Idlib, dernier bastion rebelle du pays était au coeur des discussions. Si, jusqu’à présent, la province a échappé à l’offensive promise par le régime Assad et son allié Poutine, elle n’en est pas moins en sursis.  Alors que Merkel et Macron vantaient le cessez le feu appliqué, Poutine a rappelé que la province appartenait au régime de Damas et qu’elle devrait, tôt ou tard, lui être restituée.

 

Gaza – Tension régionale après la mort de quatre manifestants lors de la marche du retour du vendredi 27 octobre.

Quatre Gazaouis ont été tués près de la frontière de la bande de Gaza avec Israël, et plus de 200 personnes ont été blessées. En réponse à ces violences, plus de trente roquettes ont été tirées depuis l’enclave vers le voisin israélien. La tension est encore montée d’un cran le samedi 28 octobre avec les bombardements menés par Tsahal , détruisant plus de quatre-vingt cibles dans la bande de Gaza. L’affaire a pris une tournure internationale. Israël accuse l’Iran et la Syrie d’avoir organisé ces tirs de roquettes et met en garde ” la dispute ne sera pas limitée géographiquement”.  Suite à ces événements, le Djihad Islamique, force armée de Gaza, a fait savoir dans un communiqué avoir lancé des roquettes vers Israël en réponse à la mort de quatre manifestants. Le groupe a également fait savoir qu’il opère une trêve, suite à une “médiation égyptienne”, sans plus de précision.

Depuis le 30 mars, des milliers de Palestiniens manifestent à la frontière avec Israël. Ils souhaitent exercer un “droit au retour” sur les terres que leurs ancêtres ont été contraints de fuir en 1948, suite à la guerre israélo-arabe qui a suivi la création de l’Etat d’Israel, la même années. Les manifestants réclament aussi la levée du blocus israélien sur la bande de Gaza. D’après l’AFP, plus de 212 manifestants sont morts dans ces manifestations et un soldat israélien a également péri.

Israël-Oman – Netanyahou renforce ses ancrage en terre arabe-musulmane. 

” Le danger que représente l’Iran a un avantage : rapprocher Israël des pays arabe comme jamais auparavant” s’est réjouit le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, lors de son retour de son voyage surprise au sultanat d’Oman.

Le Sultanat, aux mains du sultan Qabous depuis quarante ans, est l’électron libre de la péninsule arabique. Il entretient des relation cordiales avec ses deux puissants voisins : l’Arabie Saoudite et l’Iran mais aussi avec Washington.

Si aucune relation diplomatique n’existe officiellement entre Israel et Oman, les deux pays médiatisent aujourd’hui cette rencontre, menée il y a plus d’un mois.  Ils faut dire que les deux dirigeants ont un intérêt commun : influencer et assurer la stabilité des processus de paix menés au Moyen-Orient et anticiper les conséquences des sanctions américaines qui s’appliqueront dès le 4 novembre en Iran.

 

Affaire Khashoggi : Le fils du journaliste assassiné quitte le royaume Wahhabite. 

D’après Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient de l’ONG Human Right Watch, Salah, le fils du journaliste Jamal Khashoggi, et sa famille ont quitté le royaume,  après la levée de l’interdiction de voyager dont ils faisaient l’objet. Salah, qui possède la double nationalité américaine et saoudienne, aurait pris l’avion en direction de Washington le 25 octobre

 

Irak – Le premier ministre adouber par le Parlement.

Adel Abdel Mahdi, le candidat du compromis entre les force chiites pro-iraniennes et les populistes chiites obtient le soutien du parlement au terme de plusieurs heures de tractations. Il voit ainsi quatorze de ses vingt-deux ministres confirmés. De nouveaux votes devraient lui permettre de clôturer son casting de technocrates. Devant ces pairs, l’homme a promis d’endiguer la corruption qui ronge le pays.

 

L’histoire de la semaine. La liberté guidant le peuple – palestinien –

C’est une photo qui prend des airs de tableau. Le 22 octobre, le photographe Mustafa Hassouna couvre la marche du retour Gazaouie. Et il déclenche son appareil photo. Dès la publication du cliché, il devient viral sur les réseaux sociaux avec une comparaison : celle avec le tableau de 1830 d’Eugène De la Croix, ” La liberté guidant le peuple”.

Le héros s’appelle Ahmed Abou Amro et vit dans la bande de Gaza. Il manifeste tous les vendredis pour le ” droit au retour”. Il s’est exprimé auprès d’Al Jazeera : “Je porte ce drapeau chaque vendredi, et si je suis tué, je veux que l’on m’enroule dedans. Nous demandons le droit au retour et protestons pour notre dignité et celle des générations futures”.

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