Mondorient Express (2 octobre – 8 octobre)

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C’est l’heure de faire le point sur l’actualité de la semaine au Moyen-Orient.

Palestine/Israël 

Encore des morts à Gaza. La violence ne s’arrête pas dans la bande de Gaza, où ce vendredi 5 octobre trois Palestiniens, dont un enfant de 12 ans, ont été tués par l’armée israélienne pendant une manifestation à la frontière. Trois cent soixante-seize personnes ont été blessées, selon le ministère de la santé de Gaza. Depuis le début de la Marche du retour en mars 2018, 197 Palestiniens ont été tués et plus de 21 600 ont été blessés. En réponse aux manifestations, le Ministre israélien de la défense a annoncé de nouvelles réductions de la zone de pêche de la bande de Gaza.

La levée du siège. Le numéro deux du Hamas, Yahya Sinouar, a proposé aux Israéliens un cessez-le-feu contre la levée du blocus dans un long entretien accordé à la journaliste italienne Francesca Borri et publié sur plusieurs quotidiens. « Je ne veux plus de guerre. Ce que je veux, c’est la levée du siège », a-t-il déclaré.

L’UNRWA fermera à Jérusalem Est. Le maire de Jérusalem Nie Barkat a déclaré ce vendredi 5 octobre que « la décision des Etats-Unis [de fermer l’Office des Nations unies pour les réfugiés de Palestine] a crée la rare opportunité de substituer les services de l’UNRWA avec ceux de la mairie de Jérusalem. Nous voulons mettre fin au mensonge du “problème des réfugiés palestiniens” ». En attaquant indirectement la résolution 194 des Nations Unies, le maire israélien envisage de supprimer les services garantis par l’agence dans la zone Est de Jérusalem.

Salah Hamouri sort de prison. En détention administrative depuis 400 jours dans une prison israélienne dans le désert du Neguev, l’avocat et activiste franco-palestinien Salah Hamouri « a été libéré et se trouve aujourd’hui sous assignation à résidence », a déclaré son avocat.

Israël 

Des repas qui pourraient coûter très cher. L’épouse du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Sara Netanyahu, est jugée à partir de ce dimanche 7 octobre pour « fraude » et « abus de confiance » présumés. Elle est soupçonnée d’avoir commandé des centaines de repas aux frais du contribuable pour elle-même et ses invités pour un montant de 350 000 shekels (environ 85 000 euros), selon le ministère de la justice israélien. Le procès qui devait commencer en juillet a été reporté pour des raisons inconnues au public. Il pourrait contribuer à discréditer davantage l’image de son mari Benjamin Netanyahu, au pouvoir depuis 2009. Le procès s’ajoute aux différentes affaires de corruption qui menacent son avenir politique.

Turquie/Arabie Saoudite 

Le journaliste assassiné. Le journaliste saoudien et chroniqueur au Washington Post, Jamal Khashoggi, a disparu ce mardi après s’être rendu au consulat de l’Arabie Saoudite d’Istanbul, comme l’a déclaré aux médias sa fiancée, de nationalité turque. « Il y est entré à 13 heures [12 h, heure française] et n’est pas réapparu depuis », a-t-elle affirmé. L’ancien rédacteur en chef des quotidiens saoudiens Al-Arab et Al-Watan a fui son pays natal en 2017, craignant la répression du nouveau gouvernement contre les voix dissidentes.

Quatre jours après sa disparition, une enquête judiciaire a été ouverte par le procureur général d’Istanbul. Riyad assure que Jamal Khashoggi a quitté le consulat après y avoir effectué des démarches mardi, en contredisant les déclarations d’Ankara. « Nous sommes prêts à permettre au gouvernement turc de venir fouiller nos locaux », a déclaré Mohammed Ben Salman dans un entretien à l’agence Bloomberg publié vendredi. Le corps du journaliste a été retrouvé ce dimanche après-midi.

Turquie

Incarcérés à vie. Un tribunal turc a confirmé les peines d’emprisonnement à vie prononcées à l’encontre des journalistes Ahmet Altan, Mehmet Altan, Nazli Ilicak et trois autres. Ils sont accusés de soutenir le chef religieux Fethullah Gulen, qui serait à l’origine du coup d’Etat de 2016. Les journalistes avaient fait appel à la Haute Cour de justice, en vain.

Syrie 

Idlib au coeur des négociations. La principale coalition rebelle dans la province syrienne d’Idlib, le Front national de libération (FNL), a annoncé retirer ses armes lourdes de la future zone démilitarisée de vingt kilomètres de large qui entourera le dernier bastion insurgé de Syrie. Il s’agit d’un premier pas vers la concrétisation de l’accord conclu le 17 septembre entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan. Il prévoit l’évacuation des armes lourdes avant le 10 octobre et le départ des djihadistes cinq jours plus tard.

Le président russe rencontrera prochainement Benjamin Netanyahu pour aborder la question de la coordination de leur engagement en Syrie, sur fond de tensions après l’affaire de l’avion militaire russe abattu, a annoncé le premier ministre israélien lors du conseil des ministres.

Irak 

L’Irak se dote d’un nouvel exécutif. Après quatre mois de négociations à la suite des législatives de mai, le Kurde Barham Saleh a été élu président de la République par le parlement. Pour la première fois, les deux partis majoritaires au Kurdistan irakien se disputaient ce poste. Barham Saleh a chargé l’indépendant Adel Abdoul Mahdi, homme politique chiite, de former le gouvernement dans un délai de trente jours.

Iran 

Une victoire diplomatique. La Cour de justice internationale a ordonné à Washington de « supprimer toute entrave à la libre exportation vers le territoire de la République islamique d’Iran » visant des biens à « des fins humanitaires ». Dans un communiqué, Téhéran a salué la décision de la Cour de La Haye en soulignant que « les sanctions américaines contre le peuple et les citoyens de notre pays sont illégales et cruelles ».

Financement du terrorisme. Le parlement iranien a adopté un projet de loi contre le financement du terrorisme. Le texte, qui doit encore être approuvé par le Conseil des Gardiens de la Constitution, a pour objectif de permettre à l’Iran de se conformer aux normes internationales et d’adhérer à la Convention des Nations Unies pour la répression du financement du terrorisme. Ce projet de loi est vital pour sauver l’accord sur le nucléaire avec les partenaires de Téhéran.

L’histoire de la semaine

« Ce n’est pas facile, particulièrement pour les femmes du Moyen-Orient, de dire qu’on a été des esclaves sexuelles. Le Prix Nobel signifie beaucoup pour toutes les femmes en Irak et dans le monde entier ». Ceux sont les mots de Nadia Mourad, nommée prix Nobel de la paix 2018 ce vendredi 5 octobre. La jeune femme yézidie – une minorité confessionnelle en Irak considérée comme hérétique par Daesh – a été vendue, violée et torturée par les militants de l’Etat Islamique en 2014. Grâce à l’aide d’une famille musulmane, elle a réussi à fuir la ville de Zakho, dans le Nord de son pays, pour trouver refuge au Kurdistan irakien un an plus tard. Après avoir pris contact avec une organisation d’aide aux Yazidis, elle retrouve sa soeur en Allemagne. Nadia devient ainsi porte-parole de sa communauté persécutée et des femmes victimes de Daesh.

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