Mondorient Express (10 septembre – 19 septembre)

 -  -  5


C’est l’heure de faire le point sur l’actualité de la semaine au Moyen-Orient. 

 

Palestine/Israël

Le gouvernement américain a annoncé la fermeture de la représentation palestinienne à Washington, lundi 10 septembre, au motif que « l’Or­ga­ni­sa­tion de li­bé­ra­tion de la Pa­les­tine (OLP) n’a pris au­cune me­sure pour per­mettre le dé­but de né­go­cia­tions di­rectes et si­gni­fi­ca­tives avec Israël. » Une façon de sanctionner les Palestiniens qui ont « cessé de parler » aux Américains à la suite de la reconnaissance par M. Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, le 6 décembre 2017. Une décision qui risque d’accroître des tensions déjà extrêmes et d’enterrer un peu plus un éventuel processus de paix.

Voir l’article : Fermeture de la représentation palestinienne à Washington : entre Américains et Palestiniens, le décalage est patent

Turquie/Syrie

La Turquie a renforcé sa présence en Syrie, dans la région d’Idlib, dans le but d’anticiper l’offensive du régime syrien. Au moins deux raisons peuvent expliquer cet acheminement d’hommes et de matériel. D’une part, une bataille importante risquerait d’attirer au moins 250 000 personnes selon une estimation des services turcs, citée par Le Monde, alors que la Turquie accueille déjà 3,5 millions de réfugié syriens. D’autre part, la zone d’influence turque n’en serait que réduite, alors que selon les projets d’Ankara, les territoires limitrophes devaient servir au retour des réfugiés.

Voir l’article : Syrie : Idleb condamnée par l’échec du sommet de Téhéran

Yémen

Pendant deux mois, les combats qui opposaient les forces gouvernementales, soutenues par la coalition internationale et les rebelles Houthistes avaient réussis à être limités dans la zone du port d’Hodeida (sur la mer Rouge). L’échec des pourparlers de Genève samedi ont déclenché une offensive intense faisant, selon une source humanitaire citée par Libération, plus de 80 morts en trois jours. Les Emirats Arabes Unis sont particulièrement actifs dans ce qu’ils croient être un « changement nécessaire qui permettra d’assurer la fin de l’agression houtie», selon un tweet du  ministre des Affaires étrangères émirati, Anwar Gargash. Cela fait craindre un éventuel siège, qui aurait des conséquences humanitaires catastrophiques puisque 80% de l’aide transite par le port d’Hodeida.

Irak

Mohammed Al-Halboussi a été élu président du Parlement irakien, quatre mois après les élections législatives. Cet homme politique de 37 ans, auparavant gouverneur de la Province d’Anbar, est soutenu par le bloc pro-Iran, l’Alliance de la Conquête, d’Hadi Al-Ameri. Cette élection pourra déclencher les tractations pour former des coalitions entre partis politiques, dans le cadre du système proportionnel.

Arabie Saoudite

L’Espagne a finalement cédé ce jeudi : 400 bombes vont être livrées à l’Arabie Saoudite. D’abord gelé par le gouvernement socialiste par crainte que ce matériel ne soit utilisé contre des civils (au Yémen par exemple), Madrid a plié sous la menace de Riyad d’annuler un contrat prévoyant l’achat de 5 navires de guerre, pour un montant de 1,8 milliards d’euros. La raison évoquée a été la sauvegarde de l’emploi, puisque les chantiers navals d’Andalousie (bastion socialiste et à fort taux de chômage) devraient embaucher 6000 personnes.

L’histoire de la semaine

En Egypte, les policiers sont sommés de se raser la barbe. Selon une source judiciaire, relayée par Le Figaro, un tribunal administratif a suspendu une décision de justice de juillet dernier, qui autorisait ces fonctionnaires à porter la barbe. En réalité, l’affaire n’est pas récente : le contentieux remonte à la prise de pouvoir par Gamal Abdel Nasser en 1954. Assimilée à l’islamisme, la barbe est peu appréciée et tout menton est prié d’être glabre. La chute d’Hosni Moubarak en 2011 a ouvert une fenêtre d’opportunité et certains policiers ont commencé à s’afficher sur les réseaux sociaux. En 2013, un tribunal annule l’interdiction, après que des policiers suspendus aient saisi la justice. Un sit-in et des manifestations sont organisés pour la réintégration des exclus. Mais le ministère de l’Intérieur fait appel, rappelant, que la barbe est « une menace pour la société égyptienne et l’unité nationale, la paix et l’harmonie sociale» (le Guardian cité par Geopolis).

Le président Abdel Fattah al-Sissi, au pouvoir depuis 2014.

Mais c’est avec l’arrivée au pouvoir du Président Sissi en 2014 que la répression est la plus féroce. En effet, il mène depuis sa prise de fonctions une guerre farouche contre les Frères musulmans, organisation islamiste égyptienne historique fondée en 1928 dont les relations avec le pouvoir du Caire ont toujours été ambiguës. Tantôt réprimée (comme sous Nasser) ou appuyée (sous Sadate), l’organisation évolue dans l’ombre, bien que ses activités soient connues de tous les Egyptiens. Elle a notamment gagné en popularité lors des réformes d’ouvertures économiques libérales menées par Sadate, qui ont entraîné des milliers d’Egyptiens dans la précarité. Arrivée au pouvoir après les Printemps arabes avec l’élection à la présidence de Mohammed Morsi, elle est la rivale directe du maître actuel du pays.

 

5 recommended
199 views
bookmark icon