Mondorient Express (19 mai – 23 mai)

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C’est l’heure de faire le point sur l’actualité de la semaine au Moyen-Orient.

Arabie Saoudite 

MBS condamne les défenseurs des droits des femmes. Si les Saoudiennes peuvent enfin conduire, l’Arabie Saoudite a encore beaucoup de chemin à parcourir en matière de droits des femmes. Arrêtés la semaine dernière et marqués comme “traîtres à la patrie”, onze activistes féministes, femmes et hommes, risquent la peine de mort pour conspiration contre l’État. Le Royaume les accuse d’avoir « violé les valeurs religieuses et nationales ». Les noms des détenus n’ont pas été révélés par les autorités, mais Amnesty International en a identifié six. Les reformes du prince héritier Mohammed Ben Salmane excluent clairement l’activisme en faveur des droits de l’Homme. Samah Hadid, directrice de campagne pour Amnesty International Moyen-Orient, a appelé à la «  libération immédiate et inconditionnelle de tous les militants détenus ». 

Égypte 

Une nouvelle vague d’arrestations. La répression continue en Egypte. Connu pour ses positions contre la violence policière et contre le gouvernement d’Al-Sissi, le blogueur et journaliste Wael Abbas a été arrêté ce mardi chez lui au Caire, comme il l’a communiqué sur son profil Facebook : « je suis en train d’être arrêté ».  Son arrestation fait suite à celles de Chedi Abouzeid, auteur de vidéos satiriques, et de Chérif Gaber, blogueur. Accusé de fake news, le journaliste qui a couvert le mouvement djihadiste dans le Sinaï Ismaïl Alexandrani a été condamné à dix ans de prison ce mardi.  Il était en détention depuis 2015. 

Syrie 

Le régime reprend Yarmouk. Crée par l’ONU en 1950 à 7 kilomètres du centre de Damas, le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk était entre les mains de l’Organisation État islamique depuis 2015. Un mois après la reprise de la Ghouta Orientale, le régime syrien a annoncé avoir repris ce lundi le camp et le reste de la périphérie sud de la capitale. Un convoi de 1800 personnes composé de combattants de l’EI, leurs familles et de civils est en train de quitter le camp. Le convoi se dirigerait vers Badiya Al-Cham, l’une des dernières région dans l’Est du pays controlées par l’EI. 250 membres des forces pro-régime, 450 djihadistes et environ 60 civils ont perdu la vie lors des combats, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. La violente offensive durait depuis plus d’un mois.

Palestine/Israël 

La CPI se penche sur la Palestine. Le nombre des victimes des munitions israéliennes ne cessent pas d’augmenter dans la bande de Gaza, où le système de santé est au bord de l’effondrement. Le bilan est de 113 morts depuis la journée du 30 mars. À la suite du massacre des Palestiniens lors du jour de la Nakba (lundi 14 mai), l’Autorité Palestinienne a demandé l’ouverture immédiate d’une enquête pour les crimes de guerre israéliens à la Cour pénale internationale. Riyad al-Maliki, ministre palestinien des Affaires étrangères, s’est entretenu ce mardi avec la procureure de la CPI à La Haye. 

Le ministère israélien des Affaires étrangères à qualifié la démarche de « cynique et sans validité juridique ». Alors que l’Autorité Palestinienne a adhéré à la CPI en 2015, Israël n’est pas membre : « la CPI n’a donc pas d’autorité sur la question israélo-palestinienne » selon l’État Hébreu. Mais la procureure de la CPI a promis de « prendre toute mesure appropriée ». À la suite de la guerre de Gaza de 2014, la CPI avait déjà lancée une enquête préliminaire sur des accusations de crimes de guerre. 

Vendredi 18 mai, le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU a adopté une résolution pour envoyer une équipe spécialisée dans les crimes de guerres à Gaza. Cette commission internationale indépendante enquêtera sur « les violations et mauvais traitements présumés dans le contexte des assauts militaires menés lors des grandes manifestations civiles qui ont commencé le 30 mars 2018 ». Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU Zeid Ra’ad al-Hussein a accusé Israël d’ « usage illégal de la force ».

Iran 

Des conditions draconiennes. Trump s’attaque à l’Iran. Les États-Unis de Trump imposent leurs drastiques conditions à l’Iran pour conclure un nouvel accord tout en refusant de renégocier celui de 2015. Le nouveau chef de la diplomatie Mike Pompeo a énuméré douze conditions qui « peuvent sembler irréaliste, mais ce sont des demandes basiques ». En échange, les États-Unis lèveront leurs sanctions, « les sanctions les plus fortes de l’Histoire ». Washington demande la fin de la prolifération balistique, de tout enrichissement d’uranium et de l’implication dans les guerres de la région, notamment au Yémen et en Syrie à travers le soutien du Hezbollah, du Jihad Islamique, des talibans et d’al-Qaïda. La réaction du président iranien, Hassan Rohani, ne s’est pas faite attendre : « qui êtes-vous pour décider pour l’Iran et le monde ? », a-t-il déclaré en s’adressant à Donald Trump.

Yémen 

MBS appelle Macron. Emmanuel Macron et le prince saoudien Mohammed Ben Salmane ont confirmé mardi qu’une conférence humanitaire sur le Yemen sera organisé à la fin du mois de juin à Paris.

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