Mondorient Express (3 mai-10 mai)

C’est l’heure de faire le point sur l’actualité de la semaine au Moyen-Orient.

Israël/Iran/Syrie

Escalade militaire entre Israël et l’Iran. Une vingtaine de roquettes ont été tirées par les forces iraniennes dans le Golan selon l’armée israélienne jeudi 10 mai. Israël a riposté en ciblant des bases militaires syriennes près de Damas. Les tirs sur le Golan n’ont pas fait de victime. Ces tensions surviennent quelques jours après la décision de Donald Trump de sortir les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.

Iran

Les États-Unis sortent de l’accord nucléaire. C’est sans doute la plus forte décision de Donald Trump depuis son arrivée à la Maison Blanche l’an dernier. «Les États-Unis se retirent de l’accord nucléaire iranien», a déclaré le président américain, en ajoutant que les sanctions seraient reprises dans les plus courts délais. Reprenant une rhétorique proche de celle de George Bush et son célèbre “Axe du Mal”, Trump a dénoncé la République islamique comme «le premier État sponsor du terrorisme, qui alimente les conflits » du Moyen-Orient. La décision américaine est cependant unilatérale, les autres signataires dont la France ont annoncé leur intention de “préserver l’accord”.

Le réseau Télégram interdit. La justice iranienne a ordonné le blocage total du réseau social Telegram dans la République islamique. Les juges iraniens reprochent à la messagerie cryptée d’héberger des groupes d’opposition violents et de ne pas coopérer à la lutte antiterroriste. Cependant, le président Hassan Rohani s’est insurgé contre cette ordonnance de la justice qui « va à l’encontre de la diplomatie ». Principal réseau social après l’interdiction de Facebook et Twitter, Telegram compte près de 40 millions d’utilisateurs en Iran.

Liban

Victoire du Hezbollah aux élections. Pour des raisons sécuritaires, il n’y avait pas eu d’élections législatives au Liban depuis 2009. 9 ans après,  le renouvellement s’est fait en faveur du parti chiite du Hezbollah et de son alliance du “Mouvement du 8 mars”. « C’est une grande victoire morale et politique pour la Résistance », a proclamé le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Le “Mouvement du 8 mars” (qui compte également le parti chiite Amal et le parti chrétien Le courant Patriotique Libre) a raflé 67 des 128 sièges au Parlement, soit la majorité absolue. Saad Hariri et son parti du Futur ont perdu un tiers de leur sièges. Cela ne l’empêchera pas de rester Premier Ministre, un poste réservé aux sunnites dans la Constitution confessionnelle libanaise. 

Pakistan

Tentative d’assassinat sur le ministre de l’Intérieur. Ahsan Iqbal, 59 ans, prenait part à un meeting politique dans la région du Penjab dimanche 6 mai. Alors qu’il prenait la parole, un jeune homme s’est levé et lui a tiré plusieurs fois dessus, notamment à l’épaule. Le ministre de l’Intérieur a été transféré à Lahore et est maintenant hors de danger. La police pakistanaise a arrêté un homme, sans que l’on sache quelles sont ses motivations.

Israël/Palestine

Abbas reconduit à la tête de l’OLP. A la tête de l’Organisation de Libération de la Palestine depuis 2005, Mahmoud Abbas a été réélu en tant que président à 83 ans. Les travaux ont été marqués par des propos très contestés de M. Abbas sur les causes des massacres perpétrés contre les juifs à travers l’histoire, qu’il a imputés davantage à leurs activités financières qu’à l’antisémitisme. Ces déclarations ont attiré à M. Abbas des condamnations de toutes parts, non seulement d’Israël, mais de l’ONU, des États-Unis ou de l’Union européenne.

Arabie Saoudite

Le Royaume accusé de détentions arbitraires. Selon l’ONG Human Rights Watch, l’Arabie Saoudite détiendrait plus de 2 000 personnes illégalement. 2 305 exactement. Des prisonniers illégaux car n’ayant eu aucune audition devant un juge saoudien. Ces enfermements se seraient accentués avec l’arrivée aux affaires du prince héritier Mohamed Ben Salman et son virage de politique anti-corruption. 

L’histoire de la semaine

Qu’est il arrivé à la fille de l’émir de Dubaï ? L’ONG Human Rights Watch a demandé des comptes aux autorités émiraties sur le sort de la princesse Sheikha Latifa. La fille de l’émir de Dubaï, Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum, n’a pas été aperçue depuis le mois de mars. La princesse avait alors tenté de fuir les Émirats Arabes Unis à bord d’un yacht. Arrêtée au large de l’Inde, elle avait été extradée vers Dubaï. Selon Human Rights Watch, Sheikha Latifa aurait voulue fuir les restrictions imposées par sa famille. Les autorités émiraties n’ont pas répondu aux demande de l’ONG. Dans une vidéo réalisée avant sa capture, la princesse affirme : “Lorsque vous regarderez cette vidéo, je serai soit morte, soit dans une situation extrêmement critique.”