Binationaux franco-marocains : l’expatriation gagne du terrain

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Cinquante-cinq mille dont 60% de binationaux. C’est le nombre de ressortissants français vivant au Maroc. Si certains s’y installent pour la promesse d’y vivre une retraite paisible, d’autres y voient un terrain propice pour faire des affaires. Entre incitations fiscales du royaume et retour aux sources, zoom sur ces binationaux qui dynamisent l’économie locale.

Neuf heures. Monia est en place dans son bureau de Marrakech. « Je travaille encore à la française », lance t-elle d’un ton amusé. Voilà trois ans qu’elle est installée dans la ville et a ouvert son salon de beauté. Cent quarante m² dédiés au bien-être et à l’esthétique. « À Marseille, j’avais 35 m², les possibilités d’évolutions ne sont pas les mêmes. »

Diplômée d’école de commerce en France,  la trentenaire a sillonné l’hexagone avant de traverser la Méditerranée. Strasbourg, Paris, Marseille.  À chaque ville, sa tentative d’entreprenariat. Mais toujours « les mêmes problèmes administratifs, le poids des taxes et des impôts, l’insécurité ».

 Une économie florissante

 Le Maroc est le deuxième pays d’expatriation préféré des Français, derrière Israël. D’après le service économique régional de l’ambassade de France au Maroc,  les investissements directs des Marocains de France ont atteint en 2012 plus de 450 millions de dirhams. C’est près de 9% du total des investissements étrangers. Un chiffre en constante progression depuis.

Si la part de capitaux privés français investis au Maroc est si haute, elle s’explique par la diaspora qui y vit. L’OCDE estime à près de 850 000 le nombre de Français d’origine marocaine dans l’Hexagone.

Le Maroc attire par son économie florissante (4.1% de croissance en 2017) mais aussi par sa main d’œuvre bon marché (le SMIG est fixé à 225€). L’implication financière des franco-marocains dans le royaume chérifien concerne principalement des PME spécialisées dans le BTP, le tourisme ou encore l’import-export. Domaine dans lequel Monia est aussi présente.

« Pas d’impôt sur les sociétés pendant les deux premières années »

Le Maroc fixe l’impôt sur les sociétés progressivement. « Si tu ne gagnes rien tu ne paies rien. D’ailleurs, il n’y a pas d’impôt sur les sociétés pendant les deux premières années d’exploitation » souligne Monia. Ce système a permis à la cheffe d’entreprise de développer une société de traitement d’eau en Afrique. « L’esthétique c’est un fond de roulement permanent, le traitement d’eau ce sont de gros contrats plus ponctuels. »

Grâce à cette double casquette et les avantages économiques offerts par le Maroc, Monia est à la tête d’une équipe de sept salariés et peut s’offrir les services d’une nourrice à domicile ainsi que d’un chauffeur. D’après un sondage, 40% des Français d’origine marocaine pensent à faire le chemin inverse de leurs aïeuls. Le Maroc quant à lui, semble prêt à les accueillir.

Saada Soubane


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