Jérusalem et Naplouse, au-delà du conflit

Jérusalem, Naplouse… Ces villes renferment des trésors historiques inestimables.  À Jérusalem, les monuments et l’architecture sont là pour nous rappeler à quel point cette ville est à la fois riche et tiraillée par l’Histoire et les religions. À Naplouse, tentez d’aller au-delà du conflit, et il vous rattrape, toujours. Voici quelques clichés de mon passage au sein de ces deux villes.

 

L’église du Saint-Sépulcre se situe dans le quartier chrétien de Jérusalem. Elle est un lieu de pèlerinage très important pour les chrétiens. On y entend toutes les langues, on y voit des chrétiens appartenant à des sensibilités différentes du christianisme. Selon la tradition chrétienne, Jésus de Nazareth aurait été crucifié à cet endroit, mais y aurait également été déposé après sa mort. De nombreuses anecdotes et mythes entourent ce lieu si spécial pour les chrétiens.

 

L’abbaye de la Dormition est un lieu à l’histoire floue (comme la majorité des monuments religieux à Jérusalem). Elle se situe sur le mont de Sion et serait le lieu où Marie, mère de Jésus, serait entrée en « dormition » (dans ce terme réside la différence de conception de Marie entre l’Eglise catholique et les chrétiens orthodoxes). C’est aussi dans cette abbaye que l’on trouve le Cénacle, lieu où Jésus aurait eu son dernier repas avec ses apôtres (la fameuse Cène représentée par Léonard de Vinci).

 

Souvent confondu avec la mosquée al-Aqsa (qui n’est qu’à quelques mètres), ceci est le dôme du Rocher. Il est l’un des lieux saints musulmans, aux côtés de la Mecque et Médine. Le prophète Mohammed s’y serait arrêté, lorsqu’il a effectué al-Isra (voyage nocturne en arabe), de la Mecque vers Jérusalem. Le dôme du Rocher se situe sur la très sensible esplanade des Mosquées, contrôlée par le Waqf, fondation islamique régie par la Jordanie. Cependant, Israël s’occupe de l’aspect sécuritaire et des contrôles des accès. Nous avons pu constater toute la tension qui règne aux alentours de cette esplanade, avec de nombreux contrôles d’identité. On a également pu voir que l’accès aux non-musulmans était restreint à certains horaires (tôt le matin), et que l’appartenance à la religion musulmane était contrôlé via la récitation de versets coraniques.

 

Le mur des Lamentations est le lieu le plus saint du judaïsme. Ce qui le rend si important pour les juifs, c’est sa proximité avec le Saint des saints, cette partie centrale du Temple de Jérusalem, qui aurait été construit par Salomon. Un temple dont nous n’avons plus, aujourd’hui, de traces, puisqu’il aurait été détruit à plusieurs reprises. Les juifs qui vont prier au mur des Lamentations glissent des vœux via des papiers pliés dans les fentes qui séparent les pierres du mur. Des papiers qui sont d’ailleurs ensuite ramassés et enterrés, puisque la religion juive interdit la destruction d’écrits qui comportent le nom de Dieu.

 

Un peu plus de 60km au nord de Jérusalem : Naplouse. Naplouse, c’est une ville rebelle, où les Palestiniens tentent de vivre par leurs propres moyens, à travers leurs petits commerces, ou en vendant à la sauvette. Une ville dans laquelle, malgré un climat parfois délétère, et des incursions israéliennes le soir, les enfants courent, chantent et jouent en sortant de l’école.

Naplouse, c’est une ville que l’on peut légitimement qualifier de rebelle. C’est une ville où les références à la résistance sont permanentes, à coup de tags, de street art, ou encore de portraits de Palestiniens « morts au combat ». Une ville dans laquelle les épisodes d’affrontements entre forces israéliennes et Palestiniens ne sont pas rares.

À Naplouse, on retrouve également le camp de réfugiés d’Askar. Problèmes d’accès à l’eau potable, chômage de masse, pauvreté, maladies… C’est au sein de ce camp que les conséquences de l’occupation israélienne sont les plus palpables.

Les enfants sont nombreux à déambuler dans les rues, et sur les ruines… Souvent, faute d’avoir accès à une scolarité normale.

Ils essayent de s’occuper comme ils le peuvent et profitent, comme ici avec un baby-foot, de dons que certains ont pu leur faire.

Néanmoins, malgré tout, et sans démagogie, ce que j’ai pu constater, c’est le sourire permanent de ces enfants. Un Nabulsi m’a d’ailleurs confié un soir : « Peu importe la situation, les difficultés, nous garderons le sourire. On ne sait pas vraiment pourquoi parfois, mais c’est peut-être ce sentiment qui fait que nous sommes si différents, si spéciaux. »

 

Malik Miktar

(envoyé spécial à Jérusalem)