Quelles sont les affaires de corruption qui entourent Benjamin Netanyahou ?

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Sous-marins, cigares, champagne, médias… Quelles sont les affaires qui pourraient pousser Benjamin Netanyahou vers la sortie ?

L’étau se resserre autour de Benjamin Netanyahou. Le Premier ministre israélien, ainsi que sa femme Sara Netanyahou, ont été interrogés séparément par la police vendredi 2 mars, à Tel-Aviv. Une enquête pour corruption, qui vient s’ajouter aux autres affaires qui entourent le Premier ministre et ses proches : Benjamin Netanyahou est visé directement ou indirectement dans quatre gros dossiers. On récapitule. 

  • L’enquête Bezeq, affaire à suivre

La police israélienne soupçonne Benjamin Netanyahou de s’être arrangé avec Shaul Elovitch, le principal actionnaire de Bezeq, le plus important groupe de télécommunications israélien, et de l’influent site d’informations Walla, pour bénéficier d’une couverture médiatique avantageuse en échange de faveurs gouvernementales. Ces largesses, notamment des informations et des arbitrages favorables, auraient rapporté des centaines de millions de dollars à l’entreprise, selon la presse israélienne.

Cette dernière enquête en date pourrait s’avérer la plus dangereuse pour le Premier ministre. Soupçonné d’avoir joué les intermédiaires, l’ex-directeur général du ministère des Communications, Shlomo Filber, a accepté de collaborer à l’enquête en échange d’un statut de témoin protégé lui garantissant d’échapper à la prison. Selon lui, Netanyahou était bien l’instigateur des arrangements avec Bezeq.

Comme le souligne le Jerusalem Post, c’est la première fois qu’un si proche collaborateur de Netanyahou livre des informations aussi compromettantes sur le Premier ministre, allant jusqu’à l’accuser de crime. Et ça pourrait ne pas être la dernière : Nir Hefetz, ancien haut conseiller des médias auprès de la famille de Benjamin Netanyahou, est lui aussi devenu, lundi 5 mars, témoin de l’État dans l’enquête.

Si les révélations de ces anciens proches du Premier ministre, qui ont fait appel de leur détention provisoire continue, pourraient s’avérer menaçantes, Benjamin Netanyahou s’est pour l’heure montré offensif, déclarant qu’aucune enquête à son encontre n’avait jamais abouti. « Je suis sûr qu’il ne se passera rien et je veux dire à des millions d’Israéliens que le soutien extraordinaire apporté à moi-même, ma femme et ma famille me réchauffe le cœur », a-t-il dit vendredi soir dans une vidéo sur Facebook.

  • L’affaire 2000, quand Netanyahou plaide le second degré

Là encore, le dirigeant hébreu s’en serait pris à la presse. Directement mis en cause dans l’enquête, il est soupçonné d’avoir tenté d’adoucir la ligne éditoriale du quotidien Yediot Aharonot, très critique à son égard, proposant en échange de nuire à Israel Hayom, le dernier né des quotidiens gratuits israéliens, en interdisant les journaux gratuits.


Alors que la police dispose d’un enregistrement d’une conversation téléphonique entre le propriétaire du journal, Noni Mozes, et Benjamin Netanyahou, ce dernier plaide le second degré, expliquant qu’il voulait « tester » le patron de presse.

  • L’affaire des cigares et du champagne, ou affaire 1000

Au cœur cette affaire ouverte fin 2016, encore des faveurs personnelles ou financières. Il s’agit cette fois de « cadeaux » reçus par les époux Netanyahou et leur fils Yaïr de la part d’Arnon Milchan, un producteur israélien travaillant à Hollywood et de James Packer, un riche homme d’affaire australien. Champagne, cigares, billets d’avions, chambres d’hôtel, bijoux… le tout estimé par la presse israélienne à un million de shekels, soit près de 234 000 euros.

En échange, Arnon Milchan  aurait bénéficié d’une loi fiscale favorable aux expatriés revenant s’installer en Israël, ainsi que d’un visa de dix ans pour les États-Unis. James Packer, qui a rencontré Benjamin Netanyahou par l’intermédiaire du producteur, aurait accepté de partager avec lui la charge des cadeaux.

Dans cette affaire, le leader du Likoud a reconnu avoir reçu des cadeaux mais nie toute tentative de corruption. Selon Arutz 2, une des chaînes les plus regardées de  l’État hébreu, la police dispose de reçus prouvant que ces cadeaux étaient offerts à la famille Netanyahou de façon « systématique ».


C’est dans ce cadre de cette enquête et de celle portant sur le journal Yediot Aharonot que la police a recommandé, le 13 février dernier, l’inculpation du Premier ministre pour corruption, fraude et abus de confiance.

  • L’affaire des sous-marins, la bombe à retardement ?

Ouverte en février 2017, l’enquête porte sur des allégations de corruption au moment de l’octroi d’un contrat de défense passé avec l’Allemagne. L’avocat de Benjamin Netanyahou, David Shimron, représentait aussi l’agent local du groupe allemand ThyssenKrupp, bénéficiaire du contrat, estimé à un milliard et demi de dollars.

En juillet dernier, la signature de l’accord avait été reportée suite à l’arrestation de plusieurs personnes soupçonnées de blanchiment d’argent autour de la transaction et de corruption via des rétrocommissions. Alors que deux avocats proches du Premier ministre, y compris David Shimron, ont déjà été arrêtés pour être entendus, la police soupçonne Benjamin Netanyahou d’avoir délibérément fait surestimer les besoins de la marine israélienne.

Alors que plusieurs manifestations réclamant le départ de Benjamin Netanyahou ont déjà été organisées, le gouvernement a prévenu que l’inculpation du Premier ministre ne déboucherait pas automatiquement sur sa démission.

Mahaut Landaz


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