Mondorient express (31 janvier-7 février)

Une nouvelle semaine riche en actualité au Moyen Orient. Pour s’informer ou pour réviser, voici le condensé des derniers jours, pays par pays.

Israël

Israël menace d’expulser des milliers d’africains. Dans des lettres, Israël a ordonné aux migrants africains de partir d’ici la fin du mois de mars. L’Etat hébreu leur propose de partir “volontairement” avec environ 1,8 millions de francs CFA, soit 3.500 dollars sous peine d’être arrêtés et détenus jusqu’à ce qu’ils acceptent de quitter le pays. Cette mesure voulue par Benyamin Netanyahou concernerait uniquement les hommes, selon le ministère de l’Intérieur. Selon le quotidien israélien Haaretz, entre 15.000 à 20.000 migrants sont concernés par un départ à court terme.

Appels de survivants de la Shoah et manifestations se tiennent depuis quelques semaines à travers le pays pour protester contre cette mesure d’expulsion. Les migrants visés sont en grand partie entrés illégalement en Israël en passant par le Sinaï égyptien, depuis 2007.

 

Syrie

Erdogan assure ne pas convoiter le territoire d’un autre pays. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a tenu, samedi 3 février, à rassurer le président de la République française, Emmanuel Macron, qui s’inquiétait des opérations de l’armée turque en Syrie. Selon lui, elles ont pour but de contrer des « éléments terroristes » et Ankara « ne convoite pas le territoire d’un autre pays ». L’armée turque et ses alliés syriens ont lancé, le 20 janvier, l’opération « Rameau d’olivier » visant à déloger les Unités de protection du peuple (YPG), de l’enclave syrienne d’Afrin. Celles-ci sont accusées par Ankara d’être la branche en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux. Rappelons que pour la coalition, les YPG ne sont pas un groupe terroriste et qu’ils ont même été des alliés dans la lutte contre l’Organisation Etat Islamique (OEI).

 

L’ONU ouvre une nouvelle enquête sur des attaques chimiques du régime syrien. La Commission internationale d’enquête sur la Syrie mandatée par les Nations unies a fait savoir, mardi 6 février, que l’ONU avait ouvert une enquête sur des attaques chimiques présumées du régime syrien contre des localités contrôlées par des rebelles. Lundi 5 février, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, affirmait disposer « de preuves provenant de dizaines de victimes » confirmant l’usage de chlore dans les attaques menées par le régime syrien.

 

Iran

Ali Khamenei ordonne aux forces armées de se retirer des affaires économiques. Peu évoquées, les activités économiques des forces armées, dont celles des puissants gardiens de la révolution (pasdarans), sont désormais ouvertement remises en question. Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, aurait prié ces dernières de se retirer « des activités économiques qui ne les concernent pas », selon le ministre de la défense, Amir Hatami. C’est une avancée conséquente lorsque l’on sait le tabou que constitue ce sujet. Un sujet qui était énoncé avec répétition pendant les soulèvements iraniens des dernières semaines.

 

Histoire de la semaine

La Turquie lance son alternative à Whatsapp… tout en continuant les arrestations d’internautes

La Turquie a développé sa propre alternative au service de messagerie WhatsApp. Certifiée par Bekir Bozdag, le porte-parole du gouvernement, comme « 100 % nationale et authentique », et qui plus est, « bien plus sécurisée » que l’original. A terme, elle devrait permettre aux utilisateurs de communiquer en toute liberté, car les conversations et les données « ne seront pas stockées », a-t-il précisé. Un fait inédit pour un gouvernement pourtant occupé à bafouer la liberté d’expression, notamment sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, l’annonce est (par pur hasard) intervenue alors que le ministère de l’intérieur déclarait avoir interpellé 449 internautes. Ces derniers sont accusés de « propagande terroriste » et risquent la prison, à cause de critiques formulées sur les réseaux sociaux, à propos de l’offensive armée turque à Afrin.