Mondorient express (4-10 janvier)

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Une nouvelle semaine riche en actualité au Moyen Orient. Pour s’informer ou pour réviser, voici le condensé des 7 derniers jours, pays par pays.

 

Iran

Les protestations s’essouflent. Les manifestations qui ont débuté le 28 décembre dans plusieurs villes moyennes iraniennes sont en train de s’essouffler. Les dernières protestations ont eu lieu à l’ouest et au nord du pays dans la nuit du 4 au 5 janvier. Ces manifestations ont moins rassemblé que celles de la semaine précédente. Un millier de personnes ont été emprisonnées dont 90 étudiants. Vingt et une personnes sont mortes. Les événements ont été particulièrement violents dans les villes moyennes (de 50 000 à 100 000 habitants) conservatrices. Parmi les manifestants, on trouve essentiellement des chômeurs, des Iraniens sans revenus et des jeunes. Si Hassan Rohani peut se vanter d’avoir su ramener l’ordre, le gouvernement n’a pas encore décidé des suites judiciaires réservées aux manifestants.

 

Arabie Saoudite

 

Des princes en prison.  Jeudi 4 janvier, onze princes ont été arrêtés pour troubles à l’ordre public. Ils protestaient contre la fin de la gratuité de l’eau et de l’électricité pour la famille royale. Ces arrestations suivent celles en novembre d’autres membres de la famille royale pour corruption. MBS continue à asseoir son pouvoir tout en montrant que personne n’est au-dessus des lois. L’identité des princes protestataires n’a pas été dévoilée. Ils sont dans la prison de haute sécurité d’Al-Hayer au sud de Riyad.

 

Turquie

 

Visite d’Erdogan à Paris. Le président turc a été reçu par Emmanuel Macron à l’Elysée le vendredi 5 janvier. Les deux présidents ont évoqué le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE, actuellement au point mort. Le président français a déclaré qu’il fallait “repenser cette relation non pas dans le cadre du processus d’intégration mais d’une coopération, d’un partenariat”. Depuis les dérives autoritaires qui ont suivi la tentative échouée de coup d’Etat en juillet 2016, les possibilités pour que se poursuivent les négociations d’adhésions sont au plus bas. Emmanuel Macron a clairement dit lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre que l’ouverture de nouveaux chapitres était impossible.

 

Palestine

 

Donald Trump menace de ne plus verser d’aides financières à la Palestine. C’est sur Twitter, comme à son habitude, que la président américain a proféré ces menaces. Il accuse les Palestiniens de ne faire aucun effort pour entamer des négociations de paix avec Israël. Le refus des Palestiniens de négocier est la conséquence directe de la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu.

 

Israël

 

Une loi pour empêcher la division de Jérusalem.  La Knesset a voté mardi 2 janvier un texte qui a pour but d’empêcher l’Autorité palestinienne d’acquérir la souveraineté d’une partie de Jérusalem, en vue d’un prochain accord de paix. Il faut maintenant 80 députés (et non plus 61) sur 120 pour qu’une “entité étrangère” contrôle une portion de Jérusalem.

 

Expulsion des migrants africains. Mercredi 3 janvier, le gouvernement israélien a lancé un programme dont le but est de faire quitter le pays aux immigrés africains entrés illégalement. Cela concerne 38 000 personnes, majoritairement des Soudanais et des Erythréens. Ils ont jusqu’à fin mars pour quitter le pays sinon ils risquent la prison. Israël ne pouvant pas considérer le Soudan et l’Erythrée comme des pays sûrs, le gouvernement a passé un accord avec l’Ouganda et le Rwanda pour y expulser les migrants africains dont il ne veut plus.

 

Syrie

 

Avancées de l’armée syrienne. Les forces de Bachar Al-Assad ont progressé dans la Ghouta orientale, poche de résistance proche de la capitale syrienne. Les combats s’y sont intensifiés depuis décembre 2017. Les affrontements ont lieu autour de la ville d’Harasta.

 

L’histoire de la semaine

Les frasques de Yair Netanyahu. Lundi 8 janvier, les télévisions israéliennes ont diffusé un enregistrement datant de 2015 dans lequel on entend le fils du Premier ministre, ivre devant un club de striptease, dire “mon père a refilé au tien 20 milliards de dollars, tu peux bien me passer 400 shekels“. Outre les propos sur des relations sexuelles tarifées qui embarrassent la droite israélienne, Yair Netanyahu s’adressait au fils du milliardaire Kobi Maimon, principal bénéficiaire d’un accord controversé sur l’exploitation de champs gaziers dans les eaux égyptiennes. Malgré des excuses publiques du jeune homme, prétextant “une blague“, cet enregistrement relance les soupçons de corruption qui pèsent sur Benyamin Netanyahu.

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