Mondorient Express (19 novembre – 26 novembre)

Une nouvelle semaine riche en actualité au Moyen Orient. Pour s’informer ou pour réviser, voici le condensé des 7 derniers jours, pays par pays.

Égypte

Une attaque terroriste fait 305 morts dans le Sinaï. Les assaillants ont fait exploser une bombe avant d’ouvrir le feu sur des fidèles réunis dans une mosquée à l’heure de la prière vendredi 24 novembre, dans le village de Bir al-Abed, à 40 km à l’ouest de la capitale de la province égyptienne du Nord-Sinaï, Al-Arich. L’attentat, qui n’a pas encore été revendiqué, remet également en cause la politique sécuritaire du président Al-Sissi.

Pour en savoir plus : L’Egypte face au terrorisme en cinq dates

Liban

Nouveau coup de théâtre. Saad Hariri, de retour au Liban après un long séjour en Arabie saoudite, suivi d’un court passage en France, a suspendu sa démission. Son retrait surprise du pouvoir avait été annoncé depuis Riyad et avait suscité l’inquiétude au sein de la classe politique libanaise. Le Premier ministre a appelé les formations politiques à maintenir le Liban en dehors des conflits régionaux, visant en particulier le Hezbollah. « Nous n’accepterons pas les prises de position du Hezbollah qui affectent nos frères arabes ou visent la sécurité et la stabilité de leurs pays », a déclaré Saad Hariri.

Iran

Le chef d’État Hassan Rohani et Ghassem Soleimani, commandant des opérations hors des frontières des Gardiens de la Révolution islamique, ont proclamé mardi 21 novembre la fin de l’OEI en Irak et en Syrie. L’Iran, dont des milices ont participé à des batailles décisives, avait envoyé des conseillers militaires pour combattre les groupes rebelles et jihadistes.

Syrie

Le président russe Vladimir Poutine a « félicité » son homologue syrien Bachar al-Assad pour ses résultats dans la lutte contre le terrorisme. Il a fait le déplacement à Sotchi lundi 20 novembre, deux jours avant une conférence tripartite réunissant l’Iran, la Russie et la Turquie visant à relancer le processus de paix en Syrie. Les forces du régime syrien ont chassé dimanche 19 novembre les djihadistes de Boukamal, dernier fief urbain en Syrie de l’OEI, aidées par des milices iraniennes.

Les différentes factions de l’opposition syrienne se sont réunies mercredi 22 novembre à Riyad. Le gouvernement saoudien parraine le Haut Comité des Négociations (HCN) regroupant des groupes rebelles opposés au régime syrien. L’objectif : unifier leurs positions avant la reprise des négociations à Genève demain, mardi 28 novembre. Les exigences concernant le départ de Bachar al-Assad y ont été revues à la baisse afin d’éviter un cinquième échec du dialogue. Un changement de position lié à l’élargissement du HCN à des représentants du Caire et de Moscou.

Arabie saoudite

Le prince héritier Mohammed ben Salmane n’en finit pas d’occuper la scène internationale. L’Arabie saoudite a lancé dimanche 26 novembre une coalition antiterroriste majoritairement sunnite de 40 pays musulmans. Elle aura pour mission de « mobiliser et coordonner les ressources, faciliter les échanges d’informations et aider les pays membres à bâtir leurs propres capacités en matière de lutte contre le terrorisme », a précisé son commandant militaire, le général pakistanais Raheel Sharif.

Turquie

Le journal turc « Cumhuriyet » est menacé de poursuites à la suite de ses révélations sur les pratiques d’optimisation fiscale des fils du Premier ministre turc, Binali Yildirim, dans le cadre des Paradise Papers. Ce dernier a porté plainte contre le journal et réclame des compensations financières.

Israël/Palestine

L’Autorité palestinienne a décidé de geler ses contacts avec les États-Unis. Cela fait suite à la décision américaine de ne pas renouveler la représentation diplomatique de l’OLP à Washington. Toutefois, la porte-parole du département d’État américain Heather Nauert a précisé que les États-Unis étaient « en contact avec les responsables palestiniens (…) au sujet de nos efforts en faveur d’un processus de paix ».

L’histoire de la semaine

« L’ours errant ». Les utilisateurs de Twitter dans le golfe utilisent le hashtag al-dub al-dasher, qui se traduit littéralement « ours errant », pour se moquer du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, à l’origine de la récente purge de 400 hauts fonctionnaires et d’hommes d’affaire dans son pays. « Préparez votre demande d’asile ! Votre passeport saoudien ne vous sauvera pas quand al-dub al-dasher va vous arrêter », peut-on lire dans le tweet ci dessous.