L’Égypte face au terrorisme en cinq dates

Vendredi 24 novembre, un attentat visant une mosquée à Bir Al-Abed dans le Sinaï égyptien a fait plusieurs centaines de morts et de blessés. Le pays est régulièrement la cible du terrorisme. Retour sur cinq de ces événements tragiques qui ont marqué le pays.

24 novembre 2017 : attentat contre une mosquée dans le Sinaï

Au moins 235 morts et plus de 109 blessés : le bilan est extrêmement lourd. Vendredi, des assaillants provoquent une explosion et encerclent une mosquée du village de Bir al-Abed dans la province du Nord-Sinaï. Ils tirent sur la foule des fidèles. La mosquée accueillait des soufis, une forme mystique de l’Islam considéré par l’Organisation État islamique (OEI) comme des polythéistes. En décembre 2016, les djihadistes menaçaient les adeptes du soufisme dans un bulletin de propagande, Al-Nabaa. Ils qualifiaient ce courant de « connaissance de l’occulte ». « Nous n’autoriserons pas la présence des ordres soufis dans le Sinaï et en Égypte », ajoutaient-ils. Après l’attentat, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a réagi de façon extrêmement ferme : « Les forces armées et la police vengeront nos martyrs et ramèneront la sécurité et la stabilité avec force très prochainement. » Sur Twitter, le président américain Donald Trump a qualifié l’attentat « d’horrible et lâche ».

9 avril 2017 : double attentat contre la communauté copte

Cathédrale patriarcale Saint-Marc d’Alexandrie // Wikipédia

Les chrétiens coptes fêtent le dimanche des Rameaux ce 9 avril 2017 quand deux explosions visent leurs lieux de culte. L’une au nord du Caire, dans la ville de Tanta, près d’une église. La seconde au cœur d’Alexandrie, devant la cathédrale patriarcale Saint-Marc. Les deux attentats font 45 morts et 136 blessés. Ils étaient coordonnés et sont revendiqués par l’OEI le jour-même. Après ce double attentat, Abdel Fatah al-Sissi réinstaure l’état d’urgence, une première depuis 2012. C’est la journée la plus meurtrière pour cette communauté. Les coptes représentent 10% de la population.

Entre 2016 et 2017, une recrudescence d’actes de violence a visé ces chrétiens d’Égypte, à cause notamment de la montée en puissance de Wilayat Sinaï, un groupe terroriste ayant fait allégeance à l’OEI. En décembre 2016, un attentat à la bombe contre une messe au Caire avait fait 26 morts et 31 blessés. Les coptes ont également été visés en mai 2017 lors du vendredi de l’Ascension. Un bus avait été attaqué dans le centre du pays, toujours par l’OEI, 29 personnes sont tuées et 25 autres blessées.

31 octobre 2015 : L’OEI fait exploser un avion russe

Le 31 octobre 2015, le vol 9268 de la compagnie russe Metrojet qui doit rallier Charm el-Cheikh à Saint-Pétersbourg s’écrase. Une bombe artisanale détruit en plein ciel l’appareil. Aucun des 224 passagers et membres d’équipage n’en ressortira vivant. D’abord réfutée, la thèse d’un attentat terroriste est finalement reconnue par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en février 2016. En Russie, pays d’origine de la majorité des victimes, le deuil national fut prononcé au lendemain de l’attaque. Conséquence indirecte : le tourisme a chuté de 15% en Égypte en 2016, selon des chiffres officiels.

23 juillet 2005 : le tourisme visé à Charm el-Cheikh

Dans la nuit du 23 juillet 2005, Charm el-Cheikh, station balnéaire située au bord de la mer Rouge, va être le théâtre de plusieurs explosions, dans deux hôtels et sur le parking du marché de la ville. Plus de 88 personnes sont tuées et plus de 200 blessées. Le président français Jacques Chirac réaffirmera au lendemain de cette attaque « la détermination absolue de la France à lutter partout contre ce fléau que représente le terrorisme et que rien ne saurait jamais justifier ».  Quatre groupes terroristes différents vont revendiquer cette série d’attaques dont Al-Qaïda, mais la justice égyptienne tiendra les djihadistes d’Al-Tawhid wal Jihad comme responsables.

17 novembre 1997 : le massacre de Louxor

En 1997, l’OEI n’existe pas encore. À Louxor, ville touristique situé à 500 km au sud du Caire, ce sont les terroristes du groupe Jamaat al-Islamiya qui massacrent devant un temple plus de 62 personnes. L’attaque dure presque une heure, les six assaillants étaient armés de couteaux et de kalachnikovs. 58 étrangers figurent parmi les victimes : des Suisses, des Allemands, Britanniques, des Japonais, des Colombiens et un Français. Vingt ans plus tard, aucun procès n’a eu lieu. Le groupe Jamaat al-Islamiya a depuis renoncé à la violence.

Madjid Khiat