Mondorient Express (31 Octobre – 6 Novembre)

Une nouvelle semaine riche en actualité au Moyen Orient. Pour s’informer ou pour réviser, voici le condensé des 7 derniers jours, pays par pays.

Arabie saoudite

Onze princes et des dizaines de ministres arrêtés. Samedi 4 novembre, onze princes et plusieurs ministres – anciens ou actuels – ont été arrêtés sur ordre de la commission anticorruption, nouvellement créée par le prince héritier et nouvel homme fort du royaume, Mohammed Ben Salmane. Pour l’agence de presse officielle saoudienne (SPA) ces arrestations ont pour buts de « préserver l’argent public et punir les personnes corrompues et ceux qui profitent de leur position ». Parmi les personnes arrêtées, on trouve notamment le prince et milliardaire Al-Walid ben Talal, qui avait milité pour l’obtention du droit de conduire pour les femmes.

Liban

Le premier ministre Saad Hariri démissionne et accuse le Hezbollah. Le premier ministre du Liban, Saad Hariri, a annoncé sa démission à la surprise générale samedi 4 novembre. Dans une allocation télévisée depuis l’Arabie saoudite, le fils de Rafiq Hariri a notamment accusé le Hezbollah et l’Iran d’exercer des pressions sur le Liban, et dit craindre pour sa vie. « L’Iran a une mainmise sur le destin des pays de la région (…). Le Hezbollah est le bras de l’Iran non seulement au Liban mais également dans les autres pays arabes. Ces dernières décennies, le Hezbollah a imposé une situation de fait accompli par la force de ses armes. » En fonction depuis janvier 2017, la coalition qu’il dirigeait rassemblait de nombreuses forces politiques libanaises, dont le Hezbollah.

Israël / Palestine

Gaza : l’Autorité palestinienne prend le contrôle des points de passage vers Israël et l’Égypte. Mercredi 1er novembre, les forces armées du Hamas, organisation islamique qui contrôle la bande de Gaza, se sont retirées des points de passage avec l’Égypte et Israël. Elles ont laissé place à celles de l’Autorité palestinienne. Cette action est la première manifestation visible de l’accord Fatah-Hamas signé au Caire le 12 octobre dernier. La prochaine réunion entre les deux groupes est prévue le 21 novembre au Caire, et pourrait déboucher sur une décision importante : l’ouverture du point de passage de Gaza vers Rafah, en Égypte.

Israël détruit un tunnel d’attaque creusé depuis Gaza. L’armée israélienne a détruit lundi 30 octobre un tunnel partant de Khan Younès, au centre de la bande de Gaza, jusqu’au territoire d’Isräel. Sept Palestiniens sont morts, dont Arafat Abou Murshad, membre important du djihad palestinien, ainsi que deux membres du Hamas. Le tunnel avait été repéré par l’utilisation de technologies de pointe. L’État hébreu n’a pas directement incriminé le Hamas pour la construction (inachevée) de ce tunnel.

Syrie

L’armée syrienne a repris Deir-ez-Zor. Les forces du régime ont repris la ville de Deir-ez-Zor ,a annoncé vendredi 3 novembre la télévision d’État syrienne. Parmi les derniers bastions de l’Organisation État Islamique (OEI), Deir-ez-Zor avait été conquis par les djihadistes en 2014. Sa chute accroit encore l’affaiblissement de l’OEI, après la perte de Raqqa, à la mi-octobre. Le groupe djihadiste a également perdu Al-Qaïm en Irak, repris par les forces irakiennes. C’est la fin d’une double offensive lancée en septembre contre l’OEI, qui ne contrôlerait plus que 6% des territoires syriens et irakiens.

Iran

Des milliers de manifestants contre la politique « anti-iranienne » de Trump. Samedi 4 novembre, des milliers d’Iraniens ont manifesté dans les rues de Téhéran pour condamner la politique « anti-iranienne » menée par le président Donald Trump. Les militants se sont réunis devant l’ex-ambassade américaine, à l’occasion de l’anniversaire de son occupation en 1979, année de la révolution iranienne et la destitution du Shah d’Iran. « Le peuple iranien considère l’Amérique criminelle comme son principal ennemi et condamne les propos dénigrants du président honni des États-Unis contre le grand peuple iranien et les gardiens de la révolution », affirme ainsi le communiqué officiel du rassemblement.

L’histoire de la semaine

À Damas, le commerce des douceurs orientales allèche de nouveau. L’histoire nous vient de l’Orient le Jour. Réputée pour ses douceurs orientales, Damas était un haut lieu de la pâtisserie au Proche-Orient. La guerre qui fait rage depuis 2011 a coupé toutes les liaisons d’approvisionnement et de distribution, alors que l’inflation a fait péricliter de nombreux commerces. Depuis que le régime syrien reprend lentement les territoires capturés auparavant par les rebelles ou les djihadistes, les commerçants remettent le nez dehors, et font redémarrer leur commerce. « Avec la guerre, les exportations étaient quasiment interrompues », a confirmé à l’AFP Radwane Daoud, responsable export chez les Frères Daoud, une des plus anciennes pâtisseries de Syrie. Plusieurs commerçants avaient notamment ouvert des filiales à l’étranger, rentables grâce à l’exode de nombreux Syriens. « Nous avons retrouvé 15% de notre activité (…), nous pouvons à nouveau assurer des commandes à l’étranger », se félicite le commerçant. Avec la chute programmée de l’OEI, les Syriens devraient pouvoir à nouveau humer les effluves de pâtisseries dans la capitale.

Source : AFP TV