Mondorient Express (19-25 septembre)

Une nouvelle semaine riche en actualité au Moyen Orient. Pour s’informer ou pour réviser, voici le condensé des 7 derniers jours, pays par pays.

Irak

Tensions autour du référendum d’indépendance du Kurdistan irakien. Prévu hier, lundi 25 septembre, le référendum d’indépendance demandé par Massoud Barzani, chef du PDK (Parti démocratique du Kurdistan), inquiète la communauté internationale. Le Conseil de Sécurité de l’ONU s’est dit défavorable à une telle mesure. En Irak, la Cour suprême, plus haute instance judiciaire du pays, a ordonné lundi 18 septembre sa suspension provisoire. L’Iran a lui menacé dimanche dernier de fermer sa frontière avec la région autonome et de mettre fin à tous ses accords de sécurité en cas de victoire. La Turquie, qui dispose pourtant de bonnes relations avec le Kurdistan irakien, a qualifié le scrutin, par la voix du président Erdogan, de « très mauvaise chose », craignant une réaction en cascade chez les Kurdes en Turquie. Donald Trump a lui menacé de cesser tout soutien aux Kurdes irakiens. En France, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a mentionné une « initiative inopportune ». Seule Israël s’est dit favorable à un tel scrutin.

L’assaut sur Hawija est lancé. Le premier ministre irakien, Haïder al-Abadi, a annoncé jeudi 21 septembre avoir lancé une offensive militaire pour reprendre Hawija, l’un des tout derniers fiefs de l’Organisation État islamique (OEI) dans le pays. La ville de 100 000 habitants était tombée aux mains du groupe djihadiste en juin 2014. L’OEI ne tient plus que deux zones : Hawija, à 300 km au nord de Bagdad, et trois villes de l’Ouest à la frontière syrienne, Al-Qaïm, Rawah et Anah.

Iran

L’accord sur le nucléaire en suspens. Réunis au siège des Nations Unies mercredi 20 septembre, les États signataires de l’accord sur le nucléaire iranien se sont écharpés sur son avenir après les déclarations de Donald Trump, qui a qualifié l’Iran d’« État voyou ». Les États-Unis estiment que le texte doit être revisité pour durer. Hassan Rohani, le président iranien, a répondu que « l’accord appartient à la communauté internationale et pas à un ou deux pays ». La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont tenté d’apaiser les tensions, alors que la Russie et la Chine ont eux plaidé pour le maintien du texte en l’état. D’ici au 15 octobre, M. Trump doit « certifier » auprès du Congrès américain que l’Iran respecte bien ses engagements sur la nature exclusivement pacifique de son programme nucléaire. 

Israël

Plus de zone de prière mixte au Mur des Lamentations. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est montré inflexible jeudi 21 septembre sur le gel d’une zone mixte de prière au Mur des Lamentations, à Jérusalem. Le 31 janvier 2016, le gouvernement israélien avait approuvé  la création d’une section de prière mixte hommes-femmes. Mais face à l’opposition des partis ultraorthodoxes de sa coalition, le Premier ministre avait décidé en juin de geler l’application de cette décision historique.

L’histoire de la semaine 

Les Saoudiennes font leur entrée au stade. Des femmes dans un stade. Le fait est banal dans beaucoup de pays. Pas en Arabie saoudite. Normalement interdites d’entrée en application de la règle de séparation entre les sexes dans les espaces publics, les Saoudiennes ont enfin pu accéder au stade de Riyad, samedi 24 septembre. Des centaines de femmes ont pu ainsi prendre place dans le stade Roi-Fahd, à l’occasion de la 87e fête nationale du royaume, où elles ont pu notamment participer aux chants et danses prévus pour l’occasion. « La femme doit avoir le droit d’entrer partout où elle veut, à l’instar des hommes », a confié à l’AFP Oum Abdoulrahmane, vêtue de la traditionnelle abaya noire, avant d’entrer dans le stade. Cette autorisation intervient dans le cadre du plan de réformes économiques et sociales à l’horizon 2030. Riyad semble assouplir certaines de ses restrictions et tente de promouvoir des formes de divertissement, malgré l’opposition des ultraconservateurs.