Mondorient express (25 avril – 1 mai)

Une nouvelle semaine riche en événements au Moyen-Orient. Pour s’informer ou réviser, voici le condensé de l’actualité des 7 derniers jours, pays par pays.

Syrie

Attaque chimique. Les enquêteurs français de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) ont affirmé mercredi que le gaz sarin utilisé dans l’attaque du 4 avril à Khan Cheikhoun, au nord-ouest du pays, dont la présence dans la région était déjà « irréfutable », provient bien des stocks du régime syrien. « Nous sommes en mesure de confirmer que le sarin employé le 4 avril est le même sarin que celui qui a été employé dans une attaque intervenue à Saraqeb [attaque chimique imputée à Damas] le 29 avril 2013 », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.

Offensive vers Raqqa. Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont annoncé le 30 avril contrôler 80% de la ville de Tabqa, dernier verrou avant Raqqa, où l’Organisation État islamique (OEI) a établi son siège en Syrie. L’alliance, composée de combattants kurdes et arabes, est soutenue par des forces américaines. Tabqa, ville de 85 000 habitants, abritait notamment la principale prison du groupe djihadiste.

Turquie

Répression. Les purges anti-gülenistes se poursuivent. Mercredi 26 avril, 1120 personnes ont été arrêtées pour des soupçons de proximité avec la mouvance du prédicateur Fethullah Gülen. Plus tôt, 9100 policiers ont été suspendus pour des raisons similaires. Le 29 avril, le gouvernement a congédié près de 4000 fonctionnaires. Depuis le putsch du 15 juillet 2016, 47 000 personnes ont été arrêtées et 120 000 ont été limogées.

Liban

Manifestation du 1er mai. Lors d’une manifestation le 1er mai, le Parti communiste libanais (PCL) et certains syndicats ont invectivé le gouvernement sur les conditions des travailleurs dans certains secteurs de l’économie. Ils protestent notamment contre l’affluence de main d’œuvre syrienne, moins chère, et la remise en cause de la loi de 1960, dite loi électorale. En réponse, le Président du Conseil des ministres Saad Hariri a indiqué que « le gouvernement n’a épargné aucun effort en faveur des travailleurs ».

Iran

Élection présidentielle. Le 28 avril, les six candidats à l’élection présidentielle ont débattu à la télévision iranienne sur les enjeux sociaux en Iran. Mohammad Bagher Ghalibaf, candidat conservateur et actuel maire de Téhéran, a dénoncé la « mauvaise gestion » du président modéré sortant Hassan Rouhani. Ebrahim Raissi, candidat phare des conservateurs, s’est lui fait discret, craignant les attaques des candidats modérés. Les prochains débats, sur les questions internationales et économiques, auront lieu les 5 et 12 mai prochains, avant l’élection qui se tiendra elle le 19 mai.

Israël

Tension diplomatique. Le ministre israélien Israël Katz a déclaré à la radio que la frappe du jeudi 27 avril près de Damas est « cohérente » avec la politique d’Israël. Selon la chaîne Al-Manar du Hezbollah, qui combat aux côtés de Bachar-El-Assad dans la guerre en Syrie, l’explosion « s’est produite dans des dépôts de fuel et dans un entrepôt près de l’aéroport international de Damas », n’entraînant aucun blessé. Le ministre a justifié cette action par la volonté d’Israël d’empêcher la livraison d’armes sophistiquées par l’Iran au Hezbollah libanais via la Syrie. Quelques jours plus tôt, Benyamin Netanyahou avait annulé sa rencontre le 25 avril avec Sigmar Gabriel, le ministre allemand des Affaires étrangères, après que celui-ci avait rencontré des « organisations appelant à criminaliser les soldats israéliens ».

Égypte

Rencontre. Le pape François s’est rendu au Caire vendredi 28 avril. Il a rencontré l’imam Ahmad el-Tayyeb à l’université d’Al-Azhar. L’événement intervient après le double attentat qui a visé des églises coptes orthodoxes le 9 avril dernier à Tanta et Alexandrie. « Cette rencontre sera déjà un exemple et un modèle de paix parce que précisément ça sera une rencontre de dialogue », a expliqué le souverain pontife. L’institution Al-Azhar est fortement critiquée pour son ambigüité sur la condamnation des actes terroristes commis au nom de l’islam.

L’histoire de la semaine

Vous vous rappelez peut-être du tragique décès de Mouhcine Fikri, ce jeune poissonnier broyé par une benne à ordures en octobre 2016 alors qu’il vendait sa marchandise à Al-Hoceima, au Maroc. L’homme de 31 ans s’était assis sur la benne pour empêcher la police de saisir sa marchandise illégale, avant d’être emporté par le mécanisme. Une enquête pour homicide involontaire et falsification de documents officiels avait été ouverte. La justice a rendu son jugement mercredi 26 avril. Parmi les onze personnes en cause, sept ont été condamnées à des peines allant de cinq à huit mois de prison ferme et une amende de 500 dirhams (50€), tandis que la famille a été indemnisée. Le drame avait provoqué une onde de choc dans le pays. Depuis, les contestations face aux conditions de vie difficiles et aux abus des autorités n’ont pas faibli dans cette province du Rif, sur la côte nord du Maroc.

La manifestation en soutien à Mouhcine Fikri le 30 octobre 2016 :