Mondorient express (18 avril – 24 avril)

Une nouvelle semaine riche en événements au Moyen-Orient. Pour s’informer ou réviser, voici le condensé de l’actualité des 7 derniers jours, pays par pays.

 

Iran

Élection présidentielle du 19 mai. Jeudi 20 avril ont été dévoilés les six candidats autorisés par le Conseil des gardiens de la constitution à se présenter. Hassan Rohani brigue un second mandat. Élu en 2013 sur un programme d’ouverture vers l’Occident, il est actuellement très critiqué pour son bilan économique. L’accord sur le nucléaire signé en 2015 n’a pas eu toutes les retombées économiques promises. Son principal adversaire est Ebrahim Raisi, un conservateur proche de Ali Khamenei, le guide suprême. Le maire de Téhéran, le conservateur Mohammad Bagher Ghalibaf, est lui aussi candidat. Cependant, sa côte de popularité a été mise à mal en janvier après l’effondrement d’un immeuble de la capitale qui a coûté la vie de plusieurs pompiers. Parmi les autres prétendants, se trouvent Es-Hagh Jahanguiri, le vice président de Hassan Rohani, Mostafa Hashemitaba, ancien ministre de l’Industrie et Mostafa Mirsalim, un conservateur. L’économie du pays est au centre des débats.

États-Unis. Donald Trump a une nouvelle fois jeudi 20 avril dénoncé l’accord sur le nucléaire conclu avec l’Iran. À l’ONU, l’ambassadrice américaine, Nikki Haley, a elle aussi attaqué l’Iran et ses « activités incroyablement destructrices ». La veille, le secrétaire à la Défense Jim Mattis rencontrait le roi Salmane d’Arabie saoudite pour consolider les liens entre les deux pays.

 

Syrie

Attaque chimique. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé mercredi 19 avril que les premières analyses démontrent l’utilisation de gaz sarin, ou d’un gaz dérivé, lors de l’attaque du 4 avril sur la ville de Khan Cheikhoun. L’attaque avait fait 87 morts. Le régime était pourtant censé ne plus disposer d’armes chimiques depuis septembre 2013.

Le même jour, le ministre des Affaires étrangères français Jean-Marc Ayrault a accusé le régime syrien d’avoir organisé l’attaque chimique. Il a expliqué que la France allait apporter des preuves de la culpabilité de Damas « dans quelques jours».

Évacuation des villes assiégées. Le 19 avril, quatre jours après l’attentat qui a fait une centaine de morts, les évacuations de localités assiégées ont repris. Civils et combattants loyalistes évacuent Foua et Kefraya, dans la région d’Idlib, deux villes encerclées par les rebelles. L’opposition à Al-Assad est de son côté forcée de quitter Madaya et Zabadani, près de Damas, assiégées par les forces du régime. L’opération d’évacuation avait commencé le 14 avril, en vertu d’un accord entre le Qatar et l’Iran, et s’est terminée le vendredi 21 avril après 48h d’interruption. Les bus qui transportent rebelles ou loyalistes sont restés à l’arrêt dans deux zones de transit dans la périphérie d’Alep, en attendant la libération de prisonniers par le régime syrien. Ce processus d’évacuations croisées est le plus important mené à ce jour.

 

Turquie

Référendum. Mercredi 19 avril, le Haut-Conseil électoral turc (YSK) a rejeté les recours de l’opposition contre le référendum octroyant plus de pouvoir à Recep Tayyip Erdogan. Ils avaient été intentés par trois partis turcs dont le CHP (Parti républicain du peuple), principal parti d’opposition, et le HDP (Parti démocratique des peuples), parti pro-kurdes. Ces trois formations politiques dénoncent des irrégularités lors du scrutin du 19 avril.

 

Irak

Bataille de Mossoul. En six mois, la bataille pour reprendre Mossoul à l’organisation État islamique, commencée en octobre 2016, a fait 500 000 déplacés, a annoncé l’ONU lundi 17 avril. En plus de six mois d’affrontements, les forces irakiennes ont repris le contrôle de la partie est de la ville. Les djihadistes occupent la partie ouest, densément peuplée. Les combats ont repris depuis le mois de février.

 

Israël / Palestine

Grève de la faim. 1300 prisonniers palestiniens ont entamé lundi 17 avril une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions de vie en prison et pour réclamer la fin des détentions provisoires. La grève de la faim a été lancée par Marouane Barghouti, membre du Fatah et emprisonné depuis cinq ans. Mardi 18, le ministre de la Sécurité intérieure a annoncé qu’Israël refusait de négocier avec les prisonniers, expliquant qu’il s’agissait « de terroristes et d’assassins qui reçoivent ce qu’ils méritent, nous n’avons pas de raisons de négocier avec eux ».

 

L’histoire de la semaine

Crédits photo : Ahmad Primo

L’image a fait le tour du monde : un photographe à genoux, appareil à la main, en pleurs. À côté de lui, le corps d’un enfant calciné. Ce cliché a été pris juste après l’attentat du 15 avril qui visait les civils évacués de localités assiégées en Syrie. L’attaque a tué 126 personnes dont 68 enfants. L’homme à genoux est Abd Alkader Habak, un photojournaliste syrien. Il couvrait l’évacuation des civils depuis plusieurs jours quand la voiture piégée a atteint les bus. Avant que les secours arrivent, laissant son appareil photo, il a secouru plusieurs enfants. La photo où il s’effondre a été prise par un de ses confrères.