Mondorient express (3 avril – 9 avril)

 

Une nouvelle semaine riche en événements au Moyen-Orient. Pour s’informer ou réviser, voici le condensé de l’actualité des 7 derniers jours, pays par pays.

 

 

Syrie

Attaque au gaz toxique à Khan Cheikhoun. Le bombardement de cette ville, tenue par les rebelles au Nord-Ouest du pays, a tué au moins 87 personnes (dont 32 enfants) et blessé 500 autres mardi 4 avril, d’après l’Observatoire Syrien des droits de l’Homme (OSDH) et l’Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM).

Un chasseur Soukhoï a largué un missile contenant un agent chimique sur la ville vers 7h. Plus tard dans la matinée, de nouvelles frappes aériennes ont touché la morgue de Khan Cheikhoun et ciblé Al-Rahma, le dernier hôpital de la ville.

Dans la journée, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont accusé le régime de Bachar al-Assad d’avoir perpétré le raid. Défendu par Moscou, Damas nie avoir jamais utilisé des armes chimiques.

Jeudi 6 avril, le ministre de la Justice turc Bekir Bozdag a affirmé que les résultats d’autopsies de trois victimes de l’attaque avaient établi la présence d’armes chimiques. D’autres ONG comme Médecins Sans Frontières et l’UOSSM parlent de gaz sarin. Les attaques au gaz chimique sont interdites par la Convention sur l’interdiction des armes chimiques dont la Syrie est signataires depuis septembre 2013. Le régime de Damas avait déjà été accusé d’avoir utilisé des gaz chimiques, dont du sarin, lors du massacre de la Ghouta, en août 2013.

Frappes américaines en Syrie. Cinquante-neuf missiles Tomahawk américains se sont abattus vendredi sur la base militaire d’Al-Chaayrate, près de la ville de Homs, d’où auraient décollé les avions qui ont frappé Khan Cheikhoun. L’opération représente un changement total de politique étrangère pour Donald Trump. Pendant sa campagne, il avait assuré ne pas vouloir être le « gendarme du monde » et avait publiquement demandé à Barack Obama de ne pas intervenir après l’attaque chimique de 2013, imputée au régime de Damas. Mais, se disant choqué par les images d’enfants suffoquant, Donald Trump a ordonné cette frappe et a déclaré : « J’en appelle à toutes les nations civilisées pour qu’elles nous rejoignent afin de chercher à mettre un terme au massacre et au bain de sang en Syrie, ainsi qu’à mettre fin au terrorisme de toutes sortes et de tous types. » L’attaque ne présage, pour l’instant, pas d’une intervention militaire américaine massive sur le sol syrien. Quelques heures après le bombardement américain, deux avions syriens ont décollé de la base visée et ont effectué des raids dans la région.

À l’ONU, où trois projets de résolution concernant la Syrie étaient en discussion sans qu’un accord puisse être trouvé, la majorité des diplomates occidentaux soutiennent l’initiative américaine. Seule la Norvège s’est inquiétée de l’absence de base légale à cette intervention américaine. Moscou, allié de Damas, a dénoncé des attaques contre le territoire d’un pays souverain. Dans la même veine, Téhéran accuse les États-Unis d’une attaque « menée en violation des principes fondamentaux du droit international ». La France et l’Allemagne considèrent Assad comme « le seul responsable » des frappes américaines. De même pour Londres, qui a accusé la Syrie de crime de guerre et a annulé dans la foulée la venue à Moscou de Boris Johnson, le chef de la diplomatie britannique.

Égypte

Double attentat revendiqué par l’OEI en Égypte. 27 morts et 78 blessés dans une explosion survenue dimanche 9 avril à 10h dans une église copte de Tanta, à une centaine de de kilomètres du Caire. Une deuxième explosion près d’une église copte d’Alexandrie est survenue quelques heures plus tard, faisant 16 morts et 41 blessé. Un kamikaze équipé d’une ceinture explosive se serait fait exploser après que la police l’a empêché d’entrer.

Les deux attaques ont été revendiquées par l’Organisation État Islamique. La communauté copte était visée par la branche égyptienne du groupe terroriste. De nombreux fidèles étaient venus célébrer le dimanche des Rameaux, celui qui précède le week-end de Pâques. Le Pape François, qui doit se rendre en Égypte les 28 et 29 avril prochains, a exprimé ses condoléances.

Rencontre de Trump et d’Al-Sissi. Donald Trump a chaleureusement reçu le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à la Maison Blanche lundi 3 avril. Barack Obama ne l’avait jamais fait. Les deux hommes ont affiché leur volonté de combattre le terrorisme islamique, éclipsant les violations des droits de l’homme en Égypte. Les conseillers de l’administration américaine estiment que ce genre de problématique doivent être abordées « de manière plus discrète ».

Israël / Palestine

Jérusalem-Ouest reconnu capitale d’Israël par Moscou. Un communiqué russe daté du 6 avril reconnait Jérusalem-Ouest comme la capitale d’Israël, tout en considérant Jérusalem-Est comme la future capitale d’un État palestinien. Une telle déclaration devrait entraîner un déménagement de l’ambassade russe dans la ville sainte, mais elle reste pour l’instant à Tel-Aviv. Moscou s’est déclaré « attaché à la solution à deux États ». Un message ambigu que le ministère des Affaires étrangères israélien dit « étudier », sans donner plus de précisions.

Un soldat israélien tué dans une attaque à la voiture bélier. Une attaque à la voiture bélier près de la colonie d’Ofra, en territoire occupé, a fait un mort et un blessé, tous deux soldats de l’armée israélienne. L’auteur de l’attaque a été arrêté par Tsahal. Il s’agirait de Malek Hamed, un Palestinien de 22 ans originaire de la ville de Silwad, en Cisjordanie. L’approche de la Pâques juive (Pessah) fait craindre une résurgence des tensions entre Palestiniens et Israéliens.

Iran

Vente de Boeing à l’Iran. Le géant américain de l’aéronautique Boeing a annoncé mardi 4 avril la vente de 60 appareils 737 MAX à la compagnie iranienne Iran Aseman Airlines. Ils pourraient être livrés en 2022, pour une somme avoisinant les 6 milliards d’euros. L’annonce survient alors que les relations entre les deux pays restent tendues. Elle embarrasse d’autant plus Donald Trump que la majorité républicaine de ce dernier reste hostile à toute négociation commerciale avec l’Iran. Mais elle permettrait de créer 18 000 emplois aux États-Unis.

Tunisie

Discothèque fermée pour sacrilège. Dans la nuit du vendredi 31 mars, un DJ britannique a remixé l’appel à la prière dans une boîte de nuit de Nabeul, près d’Hammamet, l’une des stations balnéaires les plus prisées de Tunisie. La diffusion d’un extrait sur Youtube a provoqué de nombreuses réactions indignées. Le gouverneur de la ville a fait fermer la discothèque, et son gérant a été placé en détention provisoire « pour atteinte aux bonnes mœurs et outrage public à la pudeur ». Le DJ, qui avait quitté le pays, a été condamné à un an de prison par contumace. 

Maroc

Un nouveau gouvernement qui marginalise les islamistes. Depuis le jeudi 5 avril, vingt ministres, six ministres délégués et treize secrétaires d’État forment le nouveau gouvernement issu des législatives marocaines d’octobre dernier. Nommée par le roi Mohammed VI, cette nouvelle administration marginalise les islamistes du parti Justice et développement (PJD) malgré leur progression aux législatives. Les membres du rassemblement national des indépendants (RNI) raflent quant à eux tous les postes économiques.

 

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