2017 : le Moyen-Orient en questions

Le Moyen-Orient devrait être cette année encore l’une des places centrales de la géopolitique mondiale. Entre luttes d’influence, renversements d’alliance et conflits, nous avons sélectionné quatre pays qui seront à la une de l’actualité en 2017.

Syrie : Clap de fin ?

Après de multiples trêves sous l’impulsion des États-Unis et de la Russie en Syrie, l’année 2016 s’est terminée sur un accord inédit signé le 28 décembre dernier entre les parrains russes, turcs et iraniens du régime syrien et les principaux groupes rebelles, dont Ahrar al-Sham. Le but : imposer le pour un cessez-le-feu entre Damas et ces rebelles. L’accord exclut l’Organisation État islamique (OEI) et le Front Fatah al-Sham.

Le conflit syrien a fait plus de 310 000 morts depuis son début en mars 2011. Les prochaines négociations de paix organisées par la Russie, à Astana (Kazakhstan) seront déterminantes pour la région. Les occidentaux et l’ONU sont invités sans être à l’origine des pourparlers. Bachar al-Assad pourrait ne quitter le pouvoir qu’à la fin de son mandat en 2021. La Turquie, qui exigeait initialement un départ immédiat du président syrien, a revu ses positions depuis sa réconciliation avec la Russie de Vladimir Poutine.

Irak : Bataille de Mossoul, et après ?

L’OEI, seule contre tous à Mossoul et dans tout le pays pourrait être éradiquée en 2017. Même si la bataille de Mossoul, lancée en octobre dernier, est plus longue que prévue, les forces irakiennes et les peshmergas reprendront dans les prochains mois la ville où Abou Bakr al-Baghdadi s’était auto-proclamé calife il y a deux ans. La grande inconnue reste l’après-Mossoul : comment s’entendront les Kurdes et le gouvernement central sur le partage du territoire ? Quelles places pour les sunnites dans l’Irak post-Daesh ?

Israël / Palestine : Adieu la solution à deux États ?

La résolution 2334 des Nations unies condamnant les colonisations en Cisjordanie par Israël ne devrait pas changer grand-chose. Le 20 janvier prochain, Donald Trump s’installera à la Maison Blanche, et il compte réaffirmer son soutien au gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël. Le président élu veut même déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, un affront aux Palestiniens puisque la partie est de la ville a été annexé par l’État hébreu en 1980. Donald Trump a également désigné David Friedman, un avocat favorable à la colonisation, comme ambassadeur américain en Israël. Alors que l’on fêtera le cinquantième anniversaire de la guerre des Six Jours, la situation pourrait se tendre au Proche-Orient.

Iran : Hassan Rohani, deuxième round ?

Le 19 mai prochain, les Iraniens voteront pour élire leur président. Le grand favori reste le président sortant Hassan Rohani. Ce religieux modéré a réussi pendant son mandat à signer un accord historique sur le nucléaire avec les grandes puissances occidentales. Même si la fin totale des sanctions et les retombées économiques se font attendre, l’Iran pourrait être en 2017 le leader du Moyen-Orient face à une Arabie saoudite handicapée par la chute des prix du baril de pétrole. En Irak, au Yémen, au Liban et surtout en Syrie, Téhéran s’impose petit à petit comme un élément indispensable.

Madjid Khiat