Alep sous les bombes

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Les bombardements s’intensifient depuis quelques semaines sur la deuxième ville de Syrie. Le régime y prépare une offensive d’envergure. La ville compte près de deux millions d’habitants, dont 300 000 dans les quartiers détenus par la rébellion.

Depuis cet été, Alep est au centre de toutes les attentions. Après une trêve de quelques jours globalement respectée, les hostilités ont repris. L’armée syrienne cherche à reconquérir la deuxième ville du pays. Suite aux bombardements des quartiers est, notamment de nombreux hôpitaux, l’Organisation des Nations unies a durcit le ton. « Nul ne peut nier que la Russie a noué un partenariat avec la Syrie pour mener des crimes de guerre », a déclaré l’ambassadeur britannique auprès de l’ONU, Matthew Rycroft, qui a aussi réclamé que la situation en Syrie soit référée à la Cour pénale internationale.

Ces derniers jours, l’aviation russe, alliée aux forces du gouvernement syrien, a procédé aux bombardements « les plus soutenus et les plus violents depuis le début du conflit syrien », a souligné l’envoyé spécial de l’ONU en Syrie, Staffan de Mistura.

L’aide humanitaire ne peut plus transiter. Les hôpitaux, les véhicules de secours et les réservoirs d’eau sont bombardés. Les objectifs sont désormais clairs : le gouvernement veut faire plier la deuxième plus grande ville syrienne et plus particulièrement l’est afin d’acquérir un nouveau point stratégique. Cela lui permettrait de posséder la cité (qui plus est, à majorité sunnite) et de l’ajouter à son « portefeuille » de grandes villes acquises, qui contient Damas, Homs, Hama, Lattaquié ou encore Tartous.

La diplomatie au bord de la rupture

Cependant, comme le souligne Luc Mathieu (Libération) : « Sa conquête renforcerait aussi les groupes les plus radicaux ». Les djihadistes ont fondé leur discours sur le mutisme de la communauté internationale face à la situation syrienne. Si Alep tombe et qu’ils sont chassés vers les campagnes, leurs paroles seront plus que jamais en concordance avec les faits. Résultat : de nouvelles recrues supplémentaires risquent de vouloir rejoindre les rangs de l’OEI.

À côté de cela, la diplomatie est au bord de la rupture. Après s’être entendus sur un nouveau cessez-le-feu, la Maison-Blanche et le Kremlin rentrent de nouveau dans une spirale de rapports de force extrêmement tendus. L’ONU voudrait trouver une médiation au conflit avant que l’armée syrienne n’engage des troupes au sol dans les quartiers rebelles.

La France et l’Espagne ont présenté un projet de résolution pour le rétablissement de la trêve en Syrie. Lundi, l’ensemble des quinze pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies, ont commencé à se pencher dessus. Ce texte appelle à rétablir un cessez-le-feu, afin de permettre un accès humanitaire à la population assiégée d’Alep, et à interrompre les survols de la ville par des appareils militaires. Un « mécanisme de supervision » de la trêve est aussi prévu. Les participants seront des experts issus de plusieurs des pays membres du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS).

350 personnes (dont 100 enfants) sont mortes et 846 blessés sont répertoriés par l’Organisation mondiale de la santé, en une semaine. Un bilan qui ne fera que s’alourdir si un accord n’est pas rapidement trouvé.

Malik Miktar


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